Cela faisait des semaines que je m'inquiétais pour toi, je pressentais le drame qui vient de nous anéantir. Tu vivais à Bergerac, là où vivaient tes enfants et leur mère, suite à votre séparation qui n'en a jamais été vraiment une; près de ton père, juste bon à te regarder te détruire, un peu plus chaque jour. Moi, à huit heures de route de toi, j'étais impuissante, face à ton mal.être; je me faisais une joie de te voir à chacune de tes venues. Tu ne savais pas où tu étais le mieux, ni où était ta place, tu souffrais dans ta tête, malgré le nombre incalculable de cachets que tu avalais sans compter, afin d'oublier le mal qui te rongeait.
A présent, tu n'es plus là, ma seule consolation étant de me dire que tu reposes, paisiblement, auprès de ton petit frère. C'est ce que tu aurais voulu, alors, je suis partie, à l'annonce de ta mort, te chercher à Bergerac, pour te ramener à Reims, afin que tu rejoignes Dylan, au plus tôt.
C'est la première fois depuis des mois que je t'ai vu, le visage reposé, enfin libéré de tous tes démons.
Tu as toujours su à quel point je t'aime, et rien ne pourra changer çà, pas même ton départ ; pour ma part, je continuerai à veiller sur toi, jusqu'à ce jour béni, où je vous rejoindrai, pour ne plus jamais vous quitter.Je t'aime mon grand, tu me manques déjà tellement, pourquoi m'as tu quitté???
J'en veux tellement à ceux qui sont restés là, à te regarder mourir, petit à petit, sans rien faire pour t'en empêcher.
Je voue, à jamais, une haine acharnée, à cet homme, ton géniteur, qui ne pourra vivre une peine semblable à la mienne, n'ayant jamais été le père, le vrai, celui que tu méritais d'avoir, celui qui a préféré les vices, aux sentiments d'amour. Inutile d'en parler plus longuement, le sujet n'étant pas assez intéressant pour qu'on s'y attarde.
Reposes en paix, mon grand , ta maman veille sur toi, rien ni personne ne pourra plus jamais te faire souffrir.
Jour après jour, je serai près de toi; n'ayant jamais abandonné ton petit frère, j'en ferai de même pour toi, je t'en fais la promesse.
Je t'aime à jamais, mais çà tu le sais, c'est même la seule chose dont tu n'aies jamais eu à douter.